Lors du soixante quinzième anniversaire du Club meldois, Pierre LAFOND éditait le « livre d’or » du CS Meaux intitulé : Depuis 1902, les bleus et blancs…

Les textes et images qui suivent sont largement inspirés de ce livret et des articles de journaux qui ont rythmé l’histoire du club

Les pionniers de la belle époque 1902 – 1914

Bien qu’implanté en France dès 1872 avec la fondation du Havre Athlétic Club, premier club français, le Rugby ne fit son apparition à Meaux qu’en 1898. A cette époque, il n’était pratiqué en fait que par les scolaires qui allaient fonder la première société sportive de la ville, l’Union Sportive du Collège de Meaux.

Les rencontres scolaires étaient alors assez peu nombreuses et se résumaient le plus souvent en un duel avec le Lycée de Melun. Cette confrontation au sommet, après quelques parties préliminaires, décidait    de l’attribution du titre de champion scolaire de Seine-et-Marne-Yonne.

imgDès la saison 1900 – 1901 apparut en figure de proue, le nom de celui qui peut être considéré comme le père du rugby meldois, Henri BITSCH. Capitaine de l’équipe du Collège, ce dernier conduisit ses troupes à une retentissante victoire cette saison-là. Unanimement redouté et considéré jusqu’alors inaccessible, le Lycée Lakanal de Sceaux allait mordre la poussière. La victoire meldoise fut nette, 15 à 0. Sur sa lancée, l’équipe du Collège    allait une nouvelle fois dicter sa loi à une autre équipe parisienne,  l’Union Athlétique du Ier.

Poursuivant leurs activités rugbystiques, les anciens élèves décidèrent de se regrouper afin de continuer ensemble la  pratique de leur sport favori. Puisqu’ils n’étaient plus scolaires,   ils fondèrent une société civile. Le CLUB SPORTIF de MEAUX était né. Ses premières couleurs étaient le bleu et le blanc : il ne les a jamais quittées.

Ses premiers ébats, le CSM. les fit au terrain de la Grenouillère, route de Crégy. Ce n’était vraiment qu’une solution de fortune  car dès la moindre averse, le champ de jeu se transformait en un affreux cloaque. Il était donc patent que la qualité du jeu pratiqué n’était pas une évidence frappante, si le coeur ne faisait quant à lui point défaut. Malgré tout, le CSM, pour sa première saison, pouvait présenter un bilan des plus honorables puisqu’il totalisait 7 victoires sur 9 rencontres disputées.

cs meaux 1903-1904

debout : H. Desolneux, Bizet, Guilloux, Berteloot, Basle, G. Desolneux, Lafont, Bitsch, Verdier, Barbier, Lainé, Mazille ; assis : G. Bilbault, Ebener, Ardange.

L’émulation aidant, le CSM allait exprimer le désir de s’engager dans le Championnat de Paris en  débutant par la plus petite série, la troisième en l’occurence. Malheureusement, les rares dirigeants de l’époque omirent de remplir quelques formalités et finalement, la candidature du CSM ne fut pas prise en considération, ce qui somme toute n’était pas un grand malheur car il lui était proposé de jouer ses dix parties de championnat en déplacement. Ceci était tout à fait inacceptable. Il fallut donc attendre la saison suivante pour voir le CSM disputer le premier match de championnat de son histoire.

Ayant compris que le fait de posséder un terrain convenable était un argument décisif pour pouvoir imposer ses vues et jouer à domicile, le CSM se transporta avec armes et bagages au terrain de la route de Trilport. Nous étions en 1904. Sept décénnies plus tard, il s’y trouve toujours et ma foi fort bien.     (N.R. : 35 ans plus tard le Club évolue toujours sur les mêmes terrains du complexe sportif Georges TAUZIER).

coulommiers vs cs meaux 1903-1904

Cette saison 1904-05 a donc marqué une étape importante dans la vie du club par le fait qu’il pouvait enfin s’exprimer en compétition officielle. Le calendrier était au départ très fourni puisqu’il ne comportait pas moins de onze adversaires à rencontrer en parties aller et retour. Le nom de ces premiers opposants mérite d’être cité : CASG, AS Française, Stade Français, Société Athlétique de Montrouge, Club des  Sport Athlétiques, U. S. Parisienne, Tennis Club Scéen, SCUF, RCF, Union Sportive des Etudiants en Médecine et Red Star Club Français. Malheureusement, ces deux dernières sociétés allaient déclarer forfait général. De son côté, le CSM réalisait un performance des plus encourageantes puisqu’il se   classait troisième derrière le Stade et le Tennis Club Scéen. C’était l’époque du Capitaine GUILLOUX conduisant un équipe au sein de laquelle se distinguaient BITSCH, Gaston DESOLNEUX, MOULINET, VIGNIER, MAZILLE, ADDISON, Charles MARQUERIE.

En dépit de cette réussite, et ce jusqu’en 1909, le CSM n’allait disputer le Championnat de Paris que de façon très inégale, préférant souvent jouer au gré de ses aspirations avec des adversaires de son choix,  ou alors dans une épreuve de sa création, le Challenge DURAS. C’est ainsi qu’en 1906, le CSM allait fort bien se comporter devant la toute première équipa du Racing Club de France. La défaite était courte,      12 à 3.

Deux traditions allaient également voir le jour à ce moment. La première fut celle de décerner une Cape d’Honneur au meilleur joueur sur l’ensemble de la saison. La seconde était d’organiser des championnats d’athlétisme du club durant l’intersaison et au cours desquels, certains joueurs obtenaient des résultats tout à fait flatteurs, tel Henri BITSCH, de nombreuse fois champion de Paris du saut en hauteur sans   élan et même recordman de France de la spécialité en 1906 avec 1,42 m, remarquable performance encore de nos jours.

premiere rencontre internationale cs meaux 1908

Faisant preuve d’esprit d’initiative, le CSM chercha à sortir du cadre traditionnel des adversaires de l’époque et conclut une rencontre amicale avec un club londonien pour le lundi 20 avril 1908, le lendemain de Pâques. L’évènement eut un grand retentissement puisque près de deux mille personnes ceinturaient le terrain lorsque les deux équipes firent leur entrée

Malgré une résistance opiniâtre du quinze meldois commandé par Gaston DESOLNEUX, le Park-House RFC donna la leçon comme les éqipes britanniques donnaient la leçon à l’équipe de France de l’époque. En dépit de sa défaite 17 à 0, le CSM pouvait sortir la tête haute.

Dès la saison suivante, l’expérience fut renouvelée. La défaite, contre le même adversaire, fut cependant moins nette, 25 à

C’était le deuxième ligne PLICQUE qui assumait la responsabilité du capitanat.

cs meaux 1908-1909

tenant le ballon c’est Mazille à la gauche de Plicque, en bas à gauche Richard assis aux pieds de Maheu avec son chapeau melon.

Ces confrontations internationales allaient s’avérer fort profitables pour le CSM, car au contact d’adversaires supérieurs, il avait pu s’endurcir. Cela se vérifia dès 1910 où, menant une saison tambour battant, le CSM se qualifiait pour la finale du Championnat de Paris 3è série. Par 6 à 3, le CASG devait s’incliner. C’était le premier titre officiel du CS Meaux sous la conduite de son glorieux capitaine Marcel RICHARD qui recevait la Cape d’Honneur.

cs meaux vs park-house rfc 12 avril 1909

12 avril 1909 : CSM vs Park-House RFC (6 à 25), une foule record pour un lundi de Pâques

Désormais, le CSM allait se mesurer en 2è série à des adversaires possédant déjà une solide réputation, tels l’UAI, le PUC ou encore, l’AS Française. Les débuts furent difficiles avec notamment une large défaite devant le PUC par 59 à 0.

Jusqu’en 1913, le CSM allait tant bien que mal se tenir dans cette série où il éprouvait de grosses difficultés provoquées par une diminution des effectifs qui ne s’étaient renouvelés qu’avec parcimonie, tant    en quantité qu’en qualité. La côte d’alerte fut atteinte avec la défaite enregistrée en Challenge DURAS des mains et des pieds du SCUF, 78 à 0 !

Il fallait réagir et la rencontre amicale contre une équipe anglaise, le Moseley RFC, lui en donna l’occasion.

Rassemblant ses dernières énergies sous la férule de son capitaine RICHARD, se battant pied à pied, le CSM s’imposa 8 à 0. On cru au renouveau du club, des espérances naquirent. Bien vite, l’on déchanta. La saison 1913 – 1914 allait être la plus mauvaise du CSM depuis sa fondation.

Il disputa neuf matches de championnat qui se soldèrent par autant de défaites avec le passif catastrophique de 9 points marqués pour 219 encaissés. Son maintien en 2è série ne fut acquis que grâce aux forfaits généraux simultanés du SC Versailles et de l’US Colombes.

Faute d’effectifs suffisants, et pour la première fois, le CSM n’avait pu aligner une seconde équipe.   L’avenir était des plus incertains. Après quelques saisons tout à fait acceptables, le CSM se trouvait au bord du gouffre.

Le conflit mondial allait interrompre toute activité sportive durant cinq longues saisons, jusqu’à  l’automne 1919.

cs meaux 1910-1911

En haut : MM. Vandelet frères, X, Gaston  Delignière, X, X, André, X, M. Garcelon ;

Au milieu : Goudailler, Oswald, Richard, Bitsch, Mazille ;

En bas : Braucourt, Lucien Delignière, Charbon.

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